Juridique
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Les jours fériés en intérim : comment ça marche ?

personne éteignant un réveil

Le traitement des jours fériés pour les intérimaires est régi par le principe d'égalité de traitement. Cela signifie que l'intérimaire bénéficie des mêmes droits et conditions de travail que les salariés permanents de l'entreprise utilisatrice (EU), notamment en matière de rémunération et de majorations pour travail un jour férié.

La détermination du caractère chômé (non travaillé) ou travaillé, ainsi que l'application d'une majoration, dépend donc avant tout de la Convention Collective Nationale (CCN) ou de l'accord d'entreprise en vigueur au sein de l'EU.

1. Jours fériés chômés (non travaillés) : Les fondamentaux

Avant d'aborder la majoration, il est essentiel de rappeler les règles de base concernant le paiement d'un jour férié non travaillé.

Conditions de paiement du jour férié chômé

Contrairement aux règles générales du Code du travail, les intérimaires bénéficient d’un régime plus favorable :

  • Paiement systématique : Le jour férié chômé doit être payé sans condition d'ancienneté dès lors qu'il tombe un jour habituellement travaillé par l'intérimaire et qu'il est compris entre le premier et le dernier jour du contrat de mission, ou même entre deux contrats similaires successifs.
  • Taux : La rémunération est maintenue au taux normal, sans majoration.

2. Jours fériés travaillés : L'Accent sur la majoration

La question de la majoration ne se pose que si le jour férié est travaillé. Ici, le Code du travail établit une distinction fondamentale.

La règle légale impérative : Le 1er Mai

Le 1er mai (Fête du Travail) est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés.

Jour Férié Obligation légale Majoration applicable (si travaillé)
1er Mai Chômé (sauf rares exceptions) Rémunération doublée (majoration de 100%) en plus du salaire de base. Cette majoration ne peut être remplacée par un repos compensateur.

Les autres jours fériés (ordinaires)

Pour les 10 autres jours fériés légaux (Pâques, 8 mai, Ascension, 14 juillet, etc.), le Code du travail n'impose aucune majoration ni repos compensateur en cas de travail.

C’est là que les Conventions Collectives prennent le relais pour prévoir des dispositions plus favorables que la loi, ce qui s'applique par ricochet à l'intérimaire.

3. Les majorations dans les principales conventions collectives

Pour savoir si et comment un jour férié (hors 1er mai) est majoré, il faut impérativement se référer à la CCN de l'entreprise utilisatrice. Voici les règles pour quelques-unes des CCN les plus courantes.

📌 Convention Collective des Bureaux d'Études Techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils (SYNTEC - IDCC 1486)

La CCN Syntec distingue le caractère habituel ou exceptionnel du travail pour appliquer la majoration, en prenant en compte le travail du dimanche et des jours fériés sur l'année civile.

Nature du travail Jours fériés concernés (hors 1er mai) Majoration
Travail Exceptionnel Jour férié tombant habituellement un jour chômé pour le salarié (jusqu'au 15e jour férié/dimanche travaillé par an). Majoration de 100% du salaire horaire de base, indépendamment des majorations pour heures supplémentaires.
Travail Habituel Jour férié faisant partie de l'organisation habituelle du salarié (à partir du 16e jour férié/dimanche travaillé par an). Majoration de 25% du salaire horaire de base, indépendamment des majorations pour heures supplémentaires.

📌 Convention Collective Nationale des Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR - IDCC 1979)

Dans ce secteur où le travail des jours fériés est fréquent, la CCN HCR accorde des droits spécifiques aux salariés justifiant d'un minimum d'ancienneté.

Condition d'ancienneté Jours fériés concernés (hors 1er mai) Contrepartie pour le jour travaillé
Plus d'un an d'ancienneté 6 jours fériés "garantis" (sur les 10 jours légaux ordinaires). Le salarié a droit, en plus de sa rémunération habituelle, soit à une indemnisation supplémentaire, soit à un jour de repos compensateur payé (pris dans le mois suivant).

Attention : Le choix entre paiement majoré (indemnisation) et repos compensateur relève des accords d'entreprise ou de la décision de l'employeur. En pratique, si le jour férié est travaillé, la CCN prévoit l'une de ces deux compensations.

Synthèse et points clés pour l'intérim

Situation de l'intérimaire Règle applicable Taux de majoration (hors CCN spécifiques)
Jour férié chômé (non travaillé) Payé si inclus dans la mission. Aucune ancienneté requise. Rémunération à taux normal.
1er Mai travaillé Majoration légale obligatoire. +100% (payé double).
Autre jour férié travaillé Dépend entièrement de la CCN ou de l'accord d'entreprise de l'EU. Variable (ex. +100% en Syntec Exceptionnel, +25% en Syntec Habituel, repos compensateur en HCR).

En tant qu'employeur ou gestionnaire de paie, il est impératif d'appliquer strictement les règles de la convention collective de l'entreprise utilisatrice, y compris pour les taux de majoration, afin d'assurer l'égalité de traitement avec les salariés permanents.

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